INTRODUCTION
     
      

        Avec le déclin et la disparition de la vaine pâture, là où l'élevage dominait, est rapidement apparue la nécessité de créer des enclos pour parquer le bétail. Pour en fermer l'accès mais aussi pour éviter la divagation des animaux et protéger les cultures, les éleveurs se sont mis à fabriquer avec les matériaux dont ils disposaient sur place, des portillons faciles à manoeuvrer. Tout comme pour son habitat, l'homme a tiré profit des matériaux facilement accessibles et s'est naturellement servi du bois pour créer ces fermetures ; le chêne et le châtaignier étant les essences les plus utilisées. Il fallait réaliser à peu de frais un portail à la fois infranchissable pour les animaux domestiques et suffisamment maniable pour être manipulé par une seule personne. Voilà pourquoi nous trouvons dans toutes les régions bocagères de France et d'Europe des barrières de prairie en bois bien souvent assez larges pour laisser passer les charrois et dont la taille des mailles est adaptée au cheptel à contenir.

        Hélas, ces objets fragiles disparaissent inexorablement dans la plupart des régions, remplacés par des barrières métalliques produites en série mais sans style et supposées plus durables ou tout simplement par quelques rangs de fils barbelés tendus sur trois ou quatre bâtons, modèle universel facile à mettre en oeuvre. (cf. photo ci-contre).

       Il nous parait important de ne pas ignorer ces composants fragiles et menacés de notre patrimoine rural, d'autant plus qu'ils sont principalement implantés dans les régions de bocages, traditionnellement consacrées à l'élevage. Bien que ce site soit entièrement dédié à la haie et aux bocages, le rapport évident existant entre cet objet, fruit d'une culture qui s'efface lentement et son environnement, nous a incité à lui consacrer ces pages.

        Certaines collectivités et plusieurs associations ont pris conscience de cette érosion. Des expériences de restauration du mobilier ancien et/ou la mise en chantier de nouvelles barrières traditionnelles sont maintenant tentées avec succès.

       A notre connaissance, bien peu d'études semblent avoir été consacrées à ce mobilier probablement d'origine très ancienne et toujours abondant dans de nombreuses provinces jusqu'au milieu de 20ème siècle et rien ou presque n'est disponible sur le web. Nous n'avons actuellement à notre disposition que l'excellent mémoire que M. Bruno de FOUCAULT * (cf. bibliographie) a consacré en 1991 à la barrière traditionnelle de prairie. Cette publication aurait mérité une plus grande diffusion.




     * Monsieur de FOUCAULT est maître de conférences au département de         botanique de la Faculté de Pharmacie de Lille.

 


        Si vous vous intéressez au sujet et  si  vous  disposez  de  documents : publications, photos, dessins ou articles consacrés aux barrières traditionnelles, nous vous invitons  à  nous  contacter.